Déjà le troisième mois de l'année,
Je ne vois pas les heures passées.
L'hiver se meurt
Les cultivateurs regardent leurs champs inondés
Ils ont peur de ne pouvoir ensemencer à temps
Les tempêtes se succèdent
Les marins-pêcheurs restent à quai
C'est la tristesse dans leur coeur
Pourront-ils faire vivre leur famille
Ces hommes sont sans ressource
Tout le monde attend des jours meilleurs
Là-bas, les fusils mitrailleurs ne font pas la trêve
Les aviateurs emmènent les soldats au front
Les gouverneurs trouveront-ils une solution ?
Mais le printemps s'annonce
Les fleurs s'épanouissent
Les jardins retrouvent de leurs couleurs
Les arbres bourgeonnent et fleurissent
Un malheur, si la gelée revenait
Le viticulteur surveille le baromètre
Les dames pensent à se refaire une beauté
Elles envahissent les coiffeurs
Les confiseurs songent à préparer les chocolats de Pâques
Les oiseaux migrateurs reviennent
A l'extérieur, les températures commencent à monter
Les animaux deviennent des petits coureurs
Ils recherchent leur belle.
Les promeneurs reprennent leurs marches
Les excursions sont annoncées
Certains iront à Paris
Ils n'oublieront pas de visiter le sacré-choeur
Les jours rallongent
Bientôt nous passerons à l'heure d'été
Le bonheur se lit sur les visages
Le soleil fait son apparition entre les giboulées
Il amène de sa chaleur
Et dans le nord, auparavant
Les tisseurs remontaient de leur cave
Ils partaient faire une saison de betteraves
Les vendeurs notaient sur les ardoises les sommes dues de chacun
Quand ils revenaient, ils payaient leurs dettes
Ils retrouvaient leur famille
Ils étaient heureux
Et le bébé en pleur avait bien grandi
Les enfants voulaient être les meilleurs à l'école
Ils souhaitaient faire honneur à leur père
Ces hommes avaient le coeur en joie de retrouver les leurs.
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